Gus et moi – L’histoire de mon grand-père et de ma première guitare de Keith Richards. Illustrations Theodora Richards – Éditions Michel Lafon-2014

Chronique de Myriam Chazalon

Aujourd’hui, pour toi Lectrice et Lecteur, je vais sortir de mon registre habituel et te proposer une lecture dédiée aux enfants. Parce qu’il est important de leur raconter des histoires qui forgeront, si tu t’y prends bien, leurs envies et leur culture de demain.

Bon, je n’ai rien contre Oui-Oui le facétieux lutin à grelots dans sa voiture jaune et rouge, mais enfin quoi !!! Oui-Oui le taxi, c’est sa triste vie. Il aurait dû boire du rhum et aller s’encanailler à danser le mambo dans les bas-fonds de Miniville, se saouler au comptoir, rouler des pelles à Mirou l’oursonne, cogner Finaud et Sournois !! Ah oui, ça, ma brave dame, ça aurait eu de la gueule. Au lieu de ça, on se retrouve avec une génération de gamins qui, à trop lire les aventures d’un crétin finissent par écouter JUL. Coïncidence ? Je ne pense pas !!

Alors que, dans les rayons de la bibliothèque municipale là, bien planqué à la lettre R, se trouve une fine tranche blanche, discrète, presque invisible. Oh, on pourrait facilement passer à côté, si ce n’est que le nom de l’auteur et de l’illustratrice interpelle. Richards ? Tu as déjà entendu ce nom là quelque part, n’est-ce pas ? Fais appel à ta mémoire. Les souvenirs qui roulent n’amassent pas mousse !

Comment ? M. Richards écrit autre chose que des chansons à succès ? Je te le confirme, et, dans ce petit conte pour enfants, il n’en fait pas des Keith ! Il se livre en toute intimité, nous raconte son grand-père Gus, qui a eu la belle idée de lui offrir sa première guitare. Mais il y a bien plus qu’un instrument dans cette histoire : il y a la maison des grands-parents, un véritable nid d’amour et de bonheur. Ça respire la musique et l’odeur des pâtisseries de grand-mère Emma. Bien sûr et surtout on y rencontre aussi Theodore Augustus Dupree, qui avant d’être un grand-père aimant et attentionné, est un véritable personnage qui a vécu plusieurs vies, et qui aime profondément sa famille et la musique. On apprend, au fils de ces quelques pages en forme d’hommage, que c’est bien lui qui a offert à son petit-fils, l’amour de la guitare bien avant l’objet par lui-même. Car, c’est au cours d’une de leurs nombreuses promenades londoniennes que Gus a ouvert la porte de l’émerveillement de Keith pour l’instrument qui deviendra sa complice de composition, sa compagne de concerts.

Et, comme un artiste n’arrive jamais seul, dans la famille Dupree/Richards, je voudrais la fille. Bonne pioche ! Theodora Richards (nommée ainsi en rapport avec son arrière-grand-père cité ci-dessus et non pas avec la… euh… multimédaillée des défaites de la musique), est une illustratrice de talent en plus d’être belle et mannequin ( tu ne peux pas voir là mais le rictus de la jalousie déforme mon visage). Mais bien au-delà de la belle histoire de ce petit conte pour enfants, on retrouve une solidarité familiale et l’importance de ses racines et de ses anciens. Il y a énormément d’amour et de respect, et, oui ! Ça fait du bien. Euh, c’est moi qui ai dit ça ? Par Cupidon, St Valentin, sors de mon corps… Quoique 😁 (j’en connais un qui va dire : j’en étais sûr…). Soyons sérieux deux minutes enfin, on parle de livre pour ENFANTS !!!

Alors, revenons à nos rejetons, qui après avoir entendu cette belle histoire s’endormiront avec des rêves de guitare plein la tête et de la musique dans le cœur. Et pour toi, vieille branche, tu trouveras à la fin du livre, une courte biographie de Keith Richards avec quelques photos de famille inédites.

Alors mets-toi la bande-son qui va bien, tire la langue et roule jeunesse… 

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