LUNAR AURORA – Andacht (2007)

Chronique de Nicolas Ulv Schweitzer

A l’époque de sa sortie, « Andacht » représente le chant du cygne de Lunar Aurora. L’histoire montrera que ça ne sera pas tout à fait le cas.

Moins cru et moins violent que l’opus précédent, sur « Andacht » le groupe prend un soin tout particulier à distiller une ambiance pour le moins prenante.
Des morceaux longs tout d’abord, avec beaucoup de mid-tempo, qui prennent le temps d’être développés pour mieux nous ensorceler.
Ensuite, et cela dès l’excellent morceau d’ouverture « Glück », on a régulièrement droit à des sortes de chœurs grégoriens/religieux fantomatiques qui accentuent cette ambiance étrange, mystique, tantôt angoissante, tantôt mélancolique (« Das Ende » et son final déchirant). Un peu à l’image de la superbe pochette de l’album.
Ajoutez à cela des samples géniaux (incantations, bruits de tempête, jeune fille qui hurle, bruits de mastication de bête…) et des narrations, le tout en langue allemande, et vous obtenez là un album unique et très immersif.

Sur plusieurs morceaux, on pourra également trouver des éléments minimes et répétitifs, de « Dunkler Mann » à « Findling », qui n’ont l’air de rien mais qui servent totalement le propos. Cela renforce encore le côté hypnotique et atypique de l’œuvre.

Concernant les aspects plus traditionnels auxquels on est en droit de s’attendre lorsqu’il s’agit de black metal atmosphérique, là encore le trio maléfique allemand nous régale : production parfaite (ni trop propre, ni trop crue), vocaux possédés, riffs ciselés qui dégagent régulièrement beaucoup de tristesse, batterie mitrailleuse, nappes de synthés délicates.

Tout cela contribue à faire de « Andacht » un classique qui aura bientôt 20 ans et qui n’a pas pris une ride. Un album de haute volée parfaitement équilibré entre agressivité et passages ambiants. Les 6 longs morceaux, pour une durée déjà honorable de 54 minutes au total, ne souffrent d’aucune longueur. On en voudrait même davantage.

Lunar Aurora réapparaîtra une dernière fois en 2012, avec un album généralement jugé décevant, le mal aimé Hoagascht, qui ne se hisse pas au niveau des meilleurs albums du groupe mais qui mérite largement d’être écouté et réhabilité.

Le groupe disparaîtra ensuite pour de bon, rejoignant la liste privilégiée des projets célèbres mais unanimement respectés car intègres, créatifs et radicalement libres, à l’instar d’Abigor, de Blut Aus Nord, de Drudkh ou de leurs compatriotes d’Empyrium, pour ne citer que ceux-ci.

A écouter « Das Ende » :

Autre album conseillé : Elixir of Sorrow

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