
Interview de Cel Nokt, réalisée en février 2026
FRANCAIS
Quelques jours après la sortie du nouvel album d’Antrisch ‘Expedition III: Renitenzpfad’, fin mars, j’avais envie de vous partager un vrai coup de coeur pour ce groupe allemand qui confirme une nouvelle fois sa capacité à créer un black metal atmosphérique profondément immersif. Entre mélancolie, tension et paysages sonores brumeux, ce nouvel opus s’inscrit dans la continuité de leur univers tout en gagnant en intensité. Les compositions prennent le temps de respirer, alternant passages contemplatifs et déferlements plus abrasifs. Une immersion dans un monde qui n’appartient qu’à eux et qu’ils nous font partager pour notre plus grand plaisir ! Sur scène, cette force émotionnelle s’est pleinement révélée lors de leur passage au festival Battle in the Nord avec un set habité et sincère qui m’a totalement captivée. En sortant du concert, j’avais déjà un tas de questions en tête tant l’expérience m’avait marquée. J’ai donc eu la chance d’échanger avec le chanteur quelques jours après leur performance. Une discussion simple et passionnée pour comprendre qui est vraiment Antrisch et ce que le groupe a dans les tripes. Et croyez moi sur scène Maurice ne donne pas envie de venir lui chercher querelle!
Pendant le Battle in the Nord, j’ai pris une grosse claque scénique.
L’ambiance que vous avez posée ne sonnait pas juste “brutale” ou “violente” : il y avait une forme de récit, de progression, presque de paysage sonore hostile, au point que ça m’a fait penser à la série « The Terror » : cette lente montée de tension, ce froid presque palpable dans l’air.
Je me suis renseignée un peu : Antrisch n’est pas juste une formation de Black Metal classique. Vous êtes un groupe allemand né en 2020, vous explorez des thèmes très forts comme les expéditions historiques dans les zones les plus extrêmes de la planète et leurs effets sur l’esprit humain.
Univers et inspiration
Quand je vous ai vu jouer, cet univers que vous installez m’a fait penser à un voyage dans un milieu hostile, cinématographique.
Est-ce que l’imagerie visuelle, les récits d’exploration, les paysages extrêmes, ou des références comme « The Terror » font partie de ce que vous cherchez à évoquer consciemment ?
Ou est-ce plutôt quelque chose qui naît de votre façon d’appréhender la musique et ses contrastes ?
MW: Bonjour, ravi de vous rencontrer !
Tout d’abord, je tiens à vous remercier pour tes aimables paroles d’introduction et les recherches que vous avez effectuées au préalable. J’apprécie vraiment cela.
Concernant votre question : il est important de savoir qu’avec Antrisch, les paroles priment toujours. Cela signifie que notre musique a toujours une dimension narrative et que les compositions sont, à tout le moins, influencées par les ambiances et les paysages mentaux exprimés par les textes. En fait, le nom de notre groupe suggère assez bien ce que nous essayons de transmettre ou d’évoquer : « antrisch » est l’expression de l’inquiétant, de l’intangible, de l’étrange. Et c’est précisément notre intention : créer une atmosphère sonore dans laquelle tous ces sentiments extrêmes, tels que le désespoir, l’impuissance ou même la folie, se manifestent et les rendent, d’une certaine manière, plus compréhensibles pour l’auditeur.
Je crois que ce « voyage dans un environnement hostile et cinématographique », comme vous l’appelez, résulte de la fusion entre un récit très dense et intense et un paysage sonore musical qui possède déjà, par lui-même, une forte dimension narrative. La fusion des dimensions lyrique et musicale renforce la dimension cinématographique. De ce point de vue, ma réponse ne peut être un choix binaire, car il s’agit fondamentalement des deux.
Je trouve un peu amusant que « Expedition II » soit probablement à jamais associée à la série « The Terror ». Il est évident, bien sûr, que nous racontons la même histoire, et je ne peux nier que j’apprécie beaucoup l’atmosphère oppressante qui s’en dégage, mais mon intention en écrivant les paroles était différente. Je voulais rester aussi fidèle que possible aux faits historiques et ne mettre en lumière que l’horreur véritable : l’exposition aux intempéries, la folie rampante causée par le scorbut et le saturnisme, la mort imminente par gelures et le cannibalisme auquel ils ont été contraints. Il n’y a pas besoin d’un univers fantastique avec des êtres surnaturels issus de la mythologie inuite ; l’horreur réelle était déjà suffisamment présente. À mon avis, la série aurait fonctionné sans ces éléments, peut-être même mieux.

Influences musicales
Sur scène et sur disque, votre son dépasse une simple catégorie. On sent une dynamique très texturée, entre riffs agressifs, nappes et ambiances presque contemplatives.
Est-ce que vous pensez en termes d’univers sonore plutôt qu’en tant que « simple » groupe ?
Exactement. Notre concept est holistique et va bien au-delà du simple fait de « jouer du black metal ». Cette approche imprègne chaque aspect d’Antrisch. À commencer par la nature même de la composition qui, comme vous l’avez justement remarqué, ne se concentre pas uniquement sur l’atmosphère ou l’agression pure, mais cherche plutôt à refléter la complexité des humeurs et des états d’esprit rencontrés lors d’expéditions de ce genre, grâce à une alternance vivante de passages contemplatifs et narratifs et d’explosions émotionnelles.
Outre la musique, cette aspiration se reflète également dans nos performances live, la scénographie et, enfin et surtout, le choix des éclairages. Nous voulons faire de chaque expédition que nous présentons une expérience audiovisuelle immersive, une expérience sensorielle intense qui oblige les spectateurs à se plonger totalement dans notre récit et à se laisser captiver.
Quelles sont vos influences musicales personnelles ? Est-ce que des styles hors metal vous parlent ou nourrissent votre écriture ?
M. Scott, notre compositeur principal, écoute en réalité très peu de black metal ou d’autres groupes, afin d’éviter toute influence inconsciente. Il a longtemps exploré le djent et son utilisation des effets et, comme moi, il apprécie beaucoup la musique ambient. N’ayant qu’une influence marginale sur le processus de composition (mis à part le fait que mes textes définissent déjà l’ambiance générale des morceaux), mes goûts musicaux personnels n’interviennent que partiellement, lorsque je fais une suggestion ponctuelle. J’ai cependant des goûts très variés et, outre l’ambient, j’apprécie également d’autres genres musicaux non-metal, allant du rock anadolu et de l’ambient rituel nordique à l’ethno deep house et à des groupes sahariens comme Tinariwen. J’ai aussi intégré très tôt à mes préférences des bandes originales de films que j’adore – j’aime beaucoup Vangelis, par exemple. Et l’un de mes groupes préférés est tout sauf du metal : Kirlian Camera.
Scène et présence
Votre performance ce soir-là avait une présence scénique très marquée : corps, tension, intensité, tout semblait pensé pour captiver sans jamais surjouer.
Comment vous êtes-vous construits sur scène ?
Est-ce un prolongement naturel de votre démarche musicale, ou un travail conscient sur la façon de porter ce que vous avez à dire ?
Pour vous, le charisme sur scène tient plus de l’attitude, de l’énergie ?
Il serait malhonnête de prétendre que je ne réfléchis pas à ma performance à l’avance, mais je n’apprécie guère les concerts méticuleusement chorégraphiés, car ils suppriment toute spontanéité. J’ai aussi deux ou trois gestes que j’utilise pour accompagner certains passages des paroles à chaque concert, mais au-delà de ça, beaucoup dépend du public. J’ai une façon bien particulière de faire monter l’énergie : je choisis une personne dans le public et j’essaie de maintenir un contact visuel aussi longtemps que possible. Ce regard fixe – lorsqu’il est réciproque – crée une tension et une énergie incroyables, même s’il ne se passe pas grand-chose. D’ailleurs, ça a parfaitement fonctionné à Battle in the Nord à Wasquehal, devant un public exceptionnel ! Cela peut paraître paradoxal pour un musicien de black metal, mais pour moi, les subtilités et les petits gestes sont plus importants que le grand spectacle. Ce que d’autres expriment par le sang, le feu et de grands gestes, j’essaie de le transmettre par mon regard.
Depuis ses débuts, le black metal se caractérise par une attitude affirmée, et il est sans doute impossible de l’ignorer complètement, tant elle est profondément ancrée dans son ADN. Cependant, prise isolément, cette attitude se révèle totalement insignifiante. Générer de l’énergie et une interaction entre le groupe et le public est bien plus important que de s’accrocher désespérément à une image.
J’ai aussi l’impression que cette « attitude » n’est souvent qu’un leurre.

Intentions derrière la musique
En écoutant vos albums comme Expedition I : Dissonanzgrat ou Expedition II : Die Passage, on retrouve un lien fort entre musique, narration et thèmes d’exploration humaine dans des environnements extrêmes.
Est-ce que vous cherchez à provoquer une immersion psychologique, une introspection, un malaise, ou une forme de catharsis ?
Tout à la fois. Comme mentionné précédemment, une expédition est par nature complexe et multidimensionnelle. Il n’existe pas d’état d’esprit unique, constant et, tout au plus, s’intensifiant progressivement. Au contraire, selon les influences externes et internes, différentes émotions ou expériences de dépassement des limites mentales sont suscitées. Ainsi, tous les aspects que vous avez évoqués sont pertinents et interviennent au moment opportun. Parfois individuellement, parfois de manière multidimensionnelle.
Comment voulez-vous que votre public se sente après vos concerts ?
Eh bien, à tout le moins, je souhaite qu’il ressente quelque chose. Cependant, je ne suis pas dogmatique dans mes attentes, car chaque visiteur est unique et, idéalement, notre musique stimule différentes facettes de l’âme. Si un auditeur/spectateur est captivé par notre histoire dès la première note et n’en est « libéré » qu’à la fin, alors nous avons réussi notre performance. Ce que chacun ressent précisément pendant ce temps, ce qui le touche, l’enthousiasme ou même le repousse, est propre à chacun. Le plus gratifiant est de voir les gens se sentir enrichis après un concert d’Antrisch. Bien sûr, je n’ai rien contre ceux qui ont simplement besoin d’écouter du black metal pour se défouler, mais les réactions et les échanges que nous avons eus jusqu’à présent dressent un portrait différent de notre public. La plupart des gens adhèrent à cette approche « totale » – et en tant qu’artistes, nous ne pourrions espérer de plus beau compliment.

Où en est Antrisch aujourd’hui
Êtes-vous en train de travailler sur de nouveaux morceaux, de nouveaux concepts, des évolutions sonores ou scéniques ?
Eh bien, la sortie d’Expedition III aura lieu le 26 mars. Cela implique beaucoup de travail d’organisation et, comme je m’occupe moi-même de la mise en page et du design, de nombreux échanges avec notre label AOP et différentes imprimeries. De plus, nous fêterons la première d’Expedition en concert le 27 mars, ce qui signifie beaucoup de répétitions pour les nouveaux morceaux et des défis techniques à relever. La scénographie et nos costumes de scène seront adaptés thématiquement, et comme il s’agit cette fois d’un changement relativement radical (de l’Arctique à l’Amazonie), cela demandera beaucoup de temps de préparation et sera assez stressant à mettre en œuvre.
Mais nous travaillons toujours sur autre chose en coulisses. M. Scott compose actuellement les chansons d’Expedition IV, et j’ai déjà terminé les concepts et les paroles d’Expedition IV, V et VI.
Qu’est-ce qui vient pour vous maintenant, et dans quelle direction vous avez envie d’aller ?
L’année 2026 est déjà bien remplie. Bien sûr, la sortie en mars, avec la première en live, est l’événement phare, mais nous avons aussi une tournée de deux jours en avril/mai, suivie de la sortie de Non est Deus, et notre calendrier de concerts est plus chargé que je ne le souhaiterais jusqu’à l’été. Comme mentionné plus haut, les concepts et les paroles des trois prochains projets sont déjà écrits, la direction est donc bien définie. Cependant, cela ne s’applique pas forcément à la musique, car même si certaines marques de fabrique d’Antrisch se font jour, chaque projet a son propre caractère et son propre accent musical.
Enfin, je tiens à vous remercier pour votre intérêt et vos questions pertinentes.
Ce fut un plaisir. Merci!
Salutations depuis le camp de base
Un extrait d’Expedition II et un autre d’Expedition III en fin de chronique
ENGLISH
Interview by Cel Nokt, made in february 2026
A few days after the release of Antrisch’s new album, ‘Expedition III: Renitenzpfad’, I wanted to share my genuine enthusiasm for this German band, who once again confirm their ability to create deeply immersive atmospheric black metal.
Between melancholy, tension, and hazy soundscapes, this new opus continues their established universe while gaining in intensity. The compositions take their time to breathe, alternating between contemplative passages and more abrasive outbursts. An immersion into a world that belongs only to them, and which they share with us for our greatest pleasure!
On stage, this emotional power was fully revealed during their performance at the “Battle in the Nord” festival with a soulful and sincere set that completely captivated me. Leaving the concert, I already had a ton of questions on my mind, so deeply affected by this experience.
I was lucky enough to chat with the singer a few days after their performance. A simple yet passionate discussion to understand what Antrisch really is all about. And believe me, on stage Maurice doesn’t give anyone the desire to fight with him!
During Battle in the Nord, I was blown away by your live performance.
The atmosphere you created wasn’t just « brutal » or « violent »: there was a narrative, a progression, almost a hostile soundscape, to the point that it reminded me of the series « The Terror »: that slow build-up of tension, freezing the atmosphere.
I did a little research: Antrisch isn’t just a typical Black Metal band. You’re a German group formed in 2020, and you explore very powerful themes such as historical expeditions to the most extreme regions of the planet and their effects on the human psyche.
Universe and Inspiration
When I saw you play, the universe you create made me think of a journey into a hostile, cinematic environment.
Are the theme of extreme explorations, and references like « The Terror » part of what you seek to evoke?
Or is it more something that arises from your way of understanding music and its contrasts?
MW: Bonjour, ravi de te rencontrer! First of all, I would like to thank you for your kind introductory words and the research you did beforehand. I really appreciate that.
Regarding your question: I think it’s important to know that with Antrisch, the lyrics always come first. This means that our music always has a narrative character and the compositions are at least influenced by the moods and mental landscapes conveyed by the lyrics. Basically, our band name implies quite well what we are trying to convey or evoke: ‘antrisch’ is an expression of the uncanny, the intangible, the strange. And that is essentially our intention, namely to create a sonic atmosphere in which all these extreme feelings such as despair, helplessness or even madness manifest themselves and make them ‘sympathetic’ or comprehensible to the listener in a certain way.
I believe this ‘journey into a hostile, cinematic environment’, as you call it, is the result of a marriage between a very dense, intense narrative and a musical soundscape that already has a very narrative character in itself. The fusion of the lyrical and musical levels enhances the ‘cinematic element’. In this respect, my answer cannot be ‘either/or’, because basically it is both.
I find it a little amusing that Expedition II will probably eternally be referenced in connection with the series ‘The Terror’. It’s obvious, of course, that we’re telling the same story, and I can’t deny that I really like the oppressive atmosphere that’s created there, but my intention when writing the lyrics was different. I wanted to stick as closely as possible to historical facts and only highlight the ‘real horror’, i.e. the exposure, the creeping madness caused by scurvy and lead poisoning, the approaching death from frostbite and the cannibalism that was forced upon them. There is no need for a fantasy level with supernatural beings from Inuit mythology; there was enough real horror there. In my personal opinion, the series would have worked without these elements, perhaps even better.
Musical Influences
On stage and on record, your sound transcends a simple category. There’s a very textured dynamic, ranging from aggressive riffs and lush textures to almost contemplative atmospheres.
Do you think in terms of a sonic universe rather than simply as a band with metal instruments?
Exactly. Our concept is a holistic one that goes far beyond ‘we just play black metal’. This claim to holism permeates every aspect of Antrisch. Starting with the nature of the composition, which, as you correctly noted, is not focused solely on atmosphere or pure aggression, but rather attempts to reflect the complexity of moods and states of mind that occur on expeditions of this kind through the lively alternation of contemplative, narrative passages and emotional outbursts.
Apart from the music, this aspiration is also reflected in our live performance, the stage design and, last but not least, the choice of lighting. We want to make every expedition we present an audio-visual experience, something you can feel, leaving concertgoers with no choice but to immerse themselves completely in our story and let it captivate them.
What are your personal musical influences? Do non-metal styles resonate with you ?
Mr Scott, our main composer, actually listens to very little Black Metal or other bands at all, in order to avoid the danger of unconscious influence. He has spent a long time exploring djent and its use of effects and, like myself, is very fond of ambient music. Since I myself have only a marginal influence on the composition process (apart from the fact that my lyrics already set the basic mood for the individual pieces), my personal taste in music only plays a partial role when I make a suggestion based on it at one point or another. However, I do have a very broad range of tastes and, in addition to ambient, I have quite a few non-metal preferences, from Anadolu rock and Nordic ritual ambient to ethno deep house and Sahara bands like Tinariwen. There are also some film soundtracks that I added to my portfolio of preferences early on and have kept there ever since – I adore Vangelis, for example. And one of my absolute favourite bands is anything but metal, namely Kirlian Camera.
Stage Presence
Your performance that evening had a very strong stage presence: body, tension, intensity—everything seemed designed to captivate without ever overacting.
How have you developed your stage presence?
Is it a natural extension of your musical approach, or a conscious effort to convey what you have to say?
For you, is stage charisma more about attitude, energy, or something else?
MW: It would be dishonest to claim that I don’t spend any time thinking about performance beforehand, but I’m not a fan of meticulously choreographed live shows because they take away any possibility of spontaneity. I also have two or three gestures that I use to accompany certain passages of the lyrics at every concert, but beyond that, a lot depends on the audience. I have a very special way of building up energy, which is to pick a person in the audience and try to maintain eye contact for as long as possible. This staring – when it is reciprocated – builds up tremendous tension and energy, even though not much is actually happening. Incidentally, this worked brilliantly at Battle in the Nord in Wasquehal, which had an excellent audience! It may sound paradoxical for a black metal musician, but for me, the ‘quiet nuances’ and small gestures are more important than the big show. What others generate with blood, fire and grand gestures, I try to achieve with my gaze.
From the outset, black metal has been characterised by a strong attitude, and it is probably impossible to completely disregard this, as it is too deeply ingrained in the DNA of black metal. However, it is completely insubstantial when viewed in isolation. Generating energy and interaction between the band and the audience is more important than desperately maintaining an image.
I also have the feeling that this ‘attitude’ is often just a smokescreen.
Intentions behind the Music
Listening to your albums like “Expedition I: Dissonanzgrat” or “Expedition II: Die Passage”, one finds a strong connection between music, narrative, and themes of human exploration in extreme environments.
Are you aiming to evoke psychological immersion, introspection, unease, or a form of catharsis?
All at once. As mentioned above, the nature of an expedition is always multi-layered and complex. There is no single, consistent and, at most, intensifying state of mind. Rather, depending on external and internal influences, different emotions or mental boundary experiences are evoked. So all the aspects you mentioned are correct and come into play at the right time. Sometimes individually, sometimes multidimensionally.
How do you want your audience to feel like after your concert?
Well, at the very least, I want them to feel something. However, I am not dogmatic in my expectations, as every visitor is an individual and, ideally, our music stimulates individual aspects of the soul. If a listener/viewer is drawn into our story with the first note and is only ‘released’ when the last note fades away, then we have delivered a good performance. What exactly the individual feels during this time, what triggers, excites or even repels him or her, is up to each person. The best thing is when people feel enriched in some way after an Antrisch performance. Of course, I have nothing against someone who just needs some black metal to let off steam, but the reactions and conversations we’ve had so far paint a different picture of our audience. Most people embrace the holistic approach – and as artists, we couldn’t ask for a greater compliment.
Where is Antrisch today
Are you working on new songs, new concepts, sonic or stage developments?
Well, Expedition III is currently scheduled for release on 26 March. That means a lot of organisational work at the moment and, since I do the layout and design myself, quite a bit of correspondence with our label AOP and various printing companies. In addition, we will be celebrating the live premiere of Expedition on 27 March, which means we have a lot of rehearsals for the new songs and technical challenges to master. The stage design and our stage outfits will be thematically adapted, and since this time it’s a relatively drastic change (from the Arctic to the Amazon), it will also take a lot of planning time and be quite nerve-wracking to implement.
But we are always working on something in the background. Mr Scott is currently composing the songs for Expedition IV, and I have already finished the concepts and lyrics for Expedition IV, V & VI.
What’s next for you, and what direction do you want to take?
2026 is actually already very packed. Of course, the release in March, including the live premiere, dominates, but beyond that, we have a weekend tour in April/May with Non est Deus more or less directly afterwards, and our live schedule is fuller than I would like until the summer. As mentioned above, the concepts and lyrics for the next three expeditions have already been written, so the direction is pretty much set. However, this does not necessarily apply to the musical part, because although certain Antrisch trademarks are emerging, each expedition has its own character and musical accent.
Finally, I would like to thank you for your interest and your well-thought-out questions.
It has been a pleasure. Merci !
Salutations depuis le camp de base.
