Larmes et Dures Peines de PETRACORENSIS

Chronique écrite par Hello’Die

Larmes et dures peines est le premier album de Petracorensis et la première sortie sous l’égide du label La Croix des Femmes Mortes.

Petracorensis est le résultat de la collaboration d’artistes qui ne sont pas des inconnus dans le milieu :
Guilhaume de Petrocore (Ascète) aux guitares acoustiques et électriques, voix,
Konstantin Korolev (Passeisme) à la basse,
Ardraos (Sühnopfer) à l’accordéon,
Judasz (Judasz & Nahimana) à la vielle à roue,
Et Jean-Baptiste à la batterie.
Le logo a été réalisé par le talentueux calligraphiste Charles du Scriptorium de Cassiodore.

Pourquoi je me suis intéressée à leur projet ? Car le groupe et le label mêlent musique sombre et spiritualité. Une vision commune qui ne pouvait pas me laisser indifférente.

Le nom du groupe est à lui seul un hommage aux racines périgourdines de Guilhaume.

Petra (pierre), Cor (cœur), Ensis (épée)
PETRAmalis, COR amicis, hostibus ENSIS, haec tria si fueris, Petracorensis Eris : Une pierre pour les méchants, un cœur pour les amis, une épée pour les ennemis. Quand tu auras été ces trois éléments, tu seras Périgourdin (Montaigne).

L’album débute par Le cénacle des Apostats. Sujet : la misanthropie. Vous me direz que c’est encore une énième litanie dépeignant la misanthropie systématique qui nait face au spectacle affligeant de notre quotidien ? Peut-être bien que oui mais je la trouve très bien amenée sans trop en faire. Elle est juste, sans fioriture, écrite avec un sentiment de rage authentique. Et c’est à cause, ou grâce à elle, que notre auteur va nous narrer sa fuite sur la terre de ses ancêtres, son trou paumé comme il dit dans L’Exode. Un retour salvateur, un besoin d’ancrage pour ne pas péter les plombs et y perdre son latin, retrouver sa fierté par le biais de son passé. Cette France rurale, religieuse, traditionaliste est un hommage à la Sainte Trinité tout comme le troisième texte nommé Ichthus.
Ichthus (poisson en grec ancien) est l’un des symboles qu’utilisaient les chrétiens en signe de reconnaissance. Il représente le Sauveur. Ce texte marque sa dévotion à la chrétienté. Une spiritualité aussi ouvertement assumée pourrait déplaire à certains, moi je dis bravo ! Si nous devions cacher ce que nous sommes à quoi bon être.

L’album se clôture sur La commémoration des morts. Ce sont les derniers mots pour accompagner le trépas d’un ami. Émouvant, je ne m’attarderai pas sur le fond et les mots choisis, j’en garde juste la beauté d’un sentiment aussi difficile à exprimer et Guilhaume l’a fait avec une élégance remarquable.

Cette œuvre de folk black metal aux sonorités d’autrefois est cohérente, aboutie, à découvrir si vous ne voulez pas passer à côté de cette pépite pour débuter 2024 comme il se doit.

Pour écouter et commander : https://petracorensis.bandcamp.com/track/ichthus

Pour suivre Petracorensis : https://www.facebook.com/PetracorensisEris ou https://www.facebook.com/lacroixdesfemmesmortesproductions

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