
Erzébeth BATHORY est une descendante d’une illustre famille hongroise.
Pour la petite histoire, son nom vient d’un ancêtre, Andrès BRICCIUS, vivant sous le règne de Ladislas IV, qui fit tant preuve de vaillance et de témérité au combat qu’il fut appelé Bator, qui veut dire « le courageux ». Ce mot fut transformé en Bathory et devint le patronyme de la famille.
La famille BRICCIUS/BATHORY compte plusieurs personnalités importantes notamment trois oncles : Etienne, prince de Transylvanie, devenu roi de Pologne ; Sigismond, le mystique, roi de Transylvanie ; Georgy THURZO, paladin de Hongrie. D’autres membres ont été des gouverneurs, cardinaux ou encore des chefs de guerre renommés.
La maladie ayant fait un tri sélectif naturel, il ne reste que les plus forts physiquement mais les mariages consanguins ont laissé pour héritage une certaine folie et perversité aux survivants. C’est dans cet univers qu’a grandi Erzebeth. Enfant, elle ne recherchait que la compagnie des pires d’entre eux, à savoir Sigismond, Istvan le fou, Gabor l’incestueux, et surtout sa tante Klara, une femme sadique.
La compagnie de ces adultes déviants a totalement désinhibé la violence enfouie au plus profond de l’âme d’Erzébeth. En dehors de ce cercle familial, la solitude est la seule véritable amie d’Erzébeth qui laisse vagabonder son esprit aux pires pensées nourries par les actes de violence et de torture dont elle est témoin avec un sang-froid hors du commun.
Erzébeth est une très belle jeune femme, et elle le sait ! Ferencz NADASTY l’épouse en noces arrangées mais il est totalement sous le charme de cette beauté froide et intrigante. Elle n’a alors que 15 ans, elle doit quitter sa famille pour s’installer dans le château de son époux et cohabiter avec sa belle-mère, Orsolya. Cette dernière va s’employer à faire d’Erzébeth une parfaite épouse, un exemple de droiture et de vertu qui n’a qu’un objectif, donner une descendance à Ferencz pour perpétuer la lignée. Erzébeth exècre sa belle-mère, avec laquelle elle se retrouve trop souvent seule pendant que son époux part à la guerre. Il revient occasionnellement pour accomplir son devoir conjugal, auquel Erzébeth se plie volontiers mais sans toutefois y trouver son compte. Mais elle ne tombe pas enceinte… Orsolya s’en remet alors aux connaissances d’une certaine Metza, dont l’art de transformer les plantes en potion est connu des adeptes de sorcellerie. C’est là que Erzebeth découvre cette science pour la première fois.
Lorsqu’Orsolya décède, Erzébeth se sent libérée d’un poids. C’en est fini de ces années de soumission, elle peut enfin s’exprimer et faire ce qu’elle veut. Erzébeth est une femme colérique, emprunte aux migraines, qui ne tolère pas la maladresse de ses servantes. Elle n’hésite pas à les corriger lorsqu’elle le juge nécessaire, terrorisant les jeunes filles à son service.
Afin de lui faire paraître le temps moins long durant son absence, Ferencz offre à Erzébeth un nain. Fizco lui tiendra compagnie et la divertira. Erzebeth fait preuve d’humanité (pour une fois) en voyant en cet homme non pas un objet de divertissement mais une véritable compagnie, un confident avec qui partager ses secrets. Dans un premier temps spectateur des sévices qu’Erzébeth inflige à ses proies, il deviendra rapidement complice de ces jeux macabres.
Après la naissance de son premier enfant, elle est prise d’une obsession : la peur de vieillir. Les potions concoctées par Metza ne sont plus suffisantes. C’est à partir de ce moment que, n’ayant plus aucune limite et entourée de fidèles et proches sujets choisis pour leur haut degré de perversité, elle va laisser libre court à sa folie pour conserver sa beauté et sa jeunesse. Un nouveau basculement dans la folie intervient lors du décès de son époux en 1604. Elle assouvit alors ses besoins sexuels débordants et de plus en plus cruels.
L’auteur romance ici le parcours initiatique vers une folie dévorante et jusqu’à la chute d’Erzébeth BATHORY. J’étais très intriguée de découvrir ce personnage et d’essayer de comprendre comment elle a pu en arriver à ces atrocités.
Alors la folie meurtrière d’Erzébeth Bathory est-elle vraie ou une légende ? Dans le registre d’accusations qui a servi au procès d’Erzébeth, une très longue liste des sévices et crimes qui lui sont reprochés est consignée. On lui compterait plusieurs centaines de meurtres de jeunes filles, ce qui ferait d’elle la pire tueuse en série en ce monde.
Il y a deux écoles. Celle des historiens qui y croient dur comme (la dame de) fer. Tandis que d’autres émettent des doutes quant à la véracité des faits et avancent qu’Erzébeth Bathory a fait l’objet d’une conspiration montée de toute pièce pour lui voler son immense fortune et l’empêcher de s’immiscer dans les guerres politiques de l’époque, arguant qu’aucune preuve n’a jamais été trouvée pour étayer ces accusations.
