NEIL GAIMAN – Stardust (1999)

Chronique de Nicolas Ulv Schweitzer

Conte pour adolescents et adultes volontiers cru, Stardust est paru il y a bientôt 30 ans et a marqué bien des lecteurs.

L’histoire débute dans le paisible village anglais de Wall, qui borde le monde des Fées dans lequel il est interdit de pénétrer (sauf lors d’une étrange foire qui se déroule tous les 9 ans).
Évidemment, une telle interdiction n’attend que d’être enfreinte. 
Et c’est ce que va faire le protagoniste principal, Tristan Thorn, qui part en quête d’une étoile afin d’obtenir les faveurs de la belle Victoria. En somme :

« Il était une fois un jeune homme qui voulait conquérir l’Élue de son cœur.»

Neil Gaiman nous embarque sans problème dans cet univers à la fois dur et merveilleux, à la rencontre de personnes peu recommandables, franchement inquiétantes et cruelles même, qui poursuivent le même but que Tristan mais pour des raisons tout à fait différentes.

Le style d’écriture – à moins que ce ne soit la traduction – est particulier et un petit temps d’adaptation peut être nécessaire pour entrer pleinement dans l’histoire. Mais une fois que l’on y est, on y reste avec énormément de plaisir !

On se plaît à méditer sur les petits passages philosophico-mélancoliques :
« Mieux vaut appeler des gens qui ne sont pas là, plutôt que rater des gens qui sont vraiment là, faute de les avoir appelés à temps. »

Mais l’ambiance régulièrement triste et sombre de l’histoire est largement contrebalancée par des petites fulgurances humoristiques qui font mouche : 
« L’écureuil n’a pas encore trouvé le gland qui trouvera le chêne dont on fera le berceau dans lequel grandira celui qui me terrassera ! »

La poésie et la magie occupent également une place non négligeable. Qui, après avoir refermé ce livre, ne s’est pas rêvé en train de contempler le ciel de Wall ? En effet… 
« Rares sont ceux d’entre nous qui ont pu voir les étoiles telles que les gens les voyaient à cette époque – les lumières de nos villes violent l’obscurité de la nuit -, mais, vues du village de Wall, en ce temps-là, les étoiles s’offraient au regard comme autant de mondes ou d’idées à explorer. »

Voilà pour la toile de fond. Pour le reste, la quête épique remplie de rebondissements vous préservera de l’ennui. Les destins se croisent et la chute finale est pour le moins inattendue. 

Un monument d’ambiance contemplatif très rythmé et haletant.

A découvrir absolument !

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