Chronique de Nicolas Ulv Schweitzer

Rappelons-nous de 1998 !
Le nouveau Windows, la coupe du monde de Football, l’affaire Clinton-Lewinsky, la guerre au Kosovo, la sortie de Titanic au cinéma…
Musicalement, il y a eu l’ultime album du SUPREME NTM, Soulblight d’Obtained Enslavement ou encore Mezzanine de Massive Attack.
Et bien entendu, le second album de Rhapsody qui deviendra, avec son speed mélodique maquillé en metal symphonique, le fer de lance du metal italien.
Pompeux, prétentieux et kitsch diront les pourfendeurs du groupe.

Commençons par balayer ces arguments de mauvaise foi !
Oui Rhapsody est à l’époque un groupe jeune, extrêmement virtuose, volontiers néo-classique (le monumental The Dark Tower of Abyss qui reprend Vivaldi, pour ne citer que cela). Et on pourra reprocher un côté « fourre-tout un peu bordélique » sur certains morceaux, petit travers d’un jeune groupe talentueux qui veut parfois en faire un peu trop. Ce ne sont ni les premiers, ni les derniers, et comme unique petit défaut, on a vu pire…
L’album représente le second volet d’une saga, celle de l’Épée d’Émeraude, et là aussi les esprits réfractaires à l’Heroic-Fantasy pourront juger cela niais et ridicule. Des « conneries à la Tolkien », diront certains. Qu’ils aillent au diable !
Pour ceux qui n’ont rien contre cet univers, ni contre la musique élaborée et merveilleusement exécutée, plongez-vous dans ce Symphony of Enchanted Lands.
L’introduction vous immerge tout de suite dans l’ambiance et le premier morceau est un hit en puissance. « Emerald Sword » devrait vous mettre d’emblée K.O. debout. Riff de tueur de Luca Turilli, claviers élégants d’Alex Staropoli, interprétation solide de Fabio Leone. Un sommet du genre.

Je vous dispense du « track by track ». Pour un tour d’horizon avec quelques temps forts, jetez-vous sur « Beyond the Gates Of Infinity » avec son introduction géniale, sa progression, et son break ambiant flippant. Ce morceau succède d’ailleurs au fédérateur et non moins réussi « Eternal Glory ».
Je ne vous parle pas de la pièce grandiose (plus de 13 minutes !) qui donne son nom à l’album en clôture de celui-ci. Difficile de faire mieux en termes de conclusion épique.
Je pourrais vous détailler chaque break sublime, les envolées lyriques, et le concept absolument prenant. Mais ce serait long et bourré de superlatif.
Offrez-vous donc plutôt l’évasion et le raffinement en découvrant ou en redécouvrant cette petite perle. Cela vaudra tous les bons mots. Et rangez-le avec les meilleurs albums de Stratovarius, d’Angra, d’Helloween, d’HammerFall, de Sonata Arctica, de Savatage, de Kamelot, d’Edguy et consorts !
For the king, for the land, for the mountains, for the green valleys where dragons fly, for the glory, the power to win the black lord, I will search for the emerald sword !
Extrait « The Dark Tower of Abyss »
Autre album recommandé : Power of the Dragonflame
