
Chronique de Nicolas Ulv Schweitzer
Chronique un peu particulière que celle-ci, puisqu’il s’agit d’évoquer une réédition d’un (du ?) chef d’œuvre du black metal symphonique norvégien des années 1990, à savoir Aspera Hiems Symfonia initialement sorti en 1996. Il y a 30 ans !
Une pépite remasterisée en 2002 de fort belle manière, à laquelle s’ajoute dans un double album l’EP Constellation et le single/demo My Angel, efforts précédents du groupe. Certains titres d’Aspera Hiems Symfonia apparaissent d’ailleurs dans une version plus primaire sur Constellation.

Arcturus est initialement le bébé du clavériste Sverd. Souvent qualifié de « super-groupe » car le projet incluait, dès ses origines, le légendaire batteur Hellhammer (Mayhem, Covenant, Winds et j’en passe…) ainsi que Garm (Ulver) peu de temps après. Bref, une équipe solide et aguerrie.
Lorsque l’on découvre My Angel, démo de black metal atmosphérique au rythme lent, presque funèbre et au chant d’outre-tombe, on s’aperçoit que dès les origines du groupe une atmosphère particulièrement envoutante existait déjà. Nous sommes alors en 1991 !
Constellation permettra, 3 ans plus tard, au groupe de trouver son style : la musique s’affine, se complexifie. Les claviers et le talent de composition de Sverd y sont pour beaucoup. L’homme est capable de distiller cette atmosphère mystérieuse, souvent mélancolique, parfois grandiloquente. Il est d’ailleurs un grand amateur de musique classique et cela se ressent.

La maturité arrive donc avec Aspera Hiems Symfonia, une symphonie hivernale de saison.
Si Sverd, Garm et Hellhammer sont des personnalités connues, il ne faudrait pas oublier Carl Tidemann à la guitare et Skoll (qu’on croise aussi chez Ulver) à la basse dans cette équipe de rêve.
Je vous épargne une lourde description titre par titre parce que cet album est un aboutissement qui frôle la perfection, à connaître de bout en bout. Des breaks qui ponctuent la musique comme de jolis rêves parfois inquiétants, des claviers enchanteurs, des odes à mère nature dans sa froideur nocturne et mystique… ponctués d’accélérations et de hurlements rageurs parce que tout ce doux onirisme ne devrait pas nous faire oublier que l’on reste face à un album de black metal.

Bon, allez, si je devais choisir un seul morceau représentatif de ce chef d’œuvre global, alors je dirais « Fall of Man ». Son chant écorché, ses claviers, son solo de guitare final et ses chœurs devraient vous convertir… Mais que cela ne vous dispense pas de vous pencher attentivement sur tout le reste.
Arcturus enchainera ensuite avec deux autres chefs d’œuvres, « La Masquerade Infernale » en 1997 et « The Sham Mirrors » en 2002 avant que Garm, qui a déjà emmené Ulver sur d’autres voies à l’aube du nouveau millénaire, s’en aille. Il sera remplacé par Vortex, chanteur certes talentueux, mais qui donnera une couleur différente à Arcturus à partir de 2005.
Extrait « The Fall Of Man » : https://youtu.be/cZ5mFjOvSD0?si=uxrZ0zY0ArakyYma
Autre album recommandé : The Sham Mirrors
