Le dictionnaire du Diable – Ambrose BIERCE

Amie et Ami du SBUC, si nous allions ensemble, une foi(s) n’est pas coutume, explorer un des innombrables ouvrages dont le titre comprend une allusion à notre Maître, celui qui, depuis de nombreuses années maintenant, ne cesse de nous en boucher un coin. 

Ils sont pléthores, je te l’accorde, car, quand on ne le tire pas par la queue (ce qui n’est pas pour lui déplaire, je le sais de source sûre), le diable fait recette.

Le commun des mortels vient forcément y chercher la tentation, le petit frisson d’interdit. Il veut qu’il l’entraîne au bout de la nuit (qui ça? qui ça ?) pour cheminer sur les pavés de bonnes intentions de l’Enfer.

Donc résumons, il nous faut un ouvrage luciférien en rapport avec cette rentrée automnale.

Voyons voir ce que j’ai sous la main…. donc rentrée oblige, trouvons quelque petit manuel instructif… Un livre de Maths ? C’est forcément le Mâlin qui a inventé la trigonométrie. Un livre d’histoire ? Satan en lit un chapitre chaque soir à ses petits démons : « Si vous êtes trop sages, attention j’appelle Napoléon « . Un livre de philosophie ? Le Diable se cache dans les détails paraît-il. Un dictionnaire ? Bon sang, mais c’est bien sûr  : Le Dictionnaire du Diable. Comme son nom l’indique, tu vas trouver en son saint, pardon en son sein, je m’égare, des définitions. Tu penses que c’est forcement ennuyeux? Tss, tss, il y a « diable » dans le titre, je te rappelle. 

Comparons un peu…

A ma droite, M. Robert, son éminence politiquement correcte, la référence des dictionnaires, le cadeau maudit de tous les élèves qui entraient en 6ème avant l’arrivée de cette sa….de Wikipedia.

A ma gauche, le Diable, le dépravé, la référence de la débauche, le Gode save les couines des ressorts des lits utilisés pour autre chose que le sommeil…

Prenons un mot au hasard….Débauché, nous en parlions justement.  Que nous propose Robert  : « Qui se livre à la débauche ; noceur, viveur, libertin ». Bob, Bob, Bob, tu es d’un formalisme et d’un ennui. Mais bien sûr que celui dont la bienséance m’empêche de prononcer le nom ici, va faire mieux… 

La définition de monsieur D.  » Personne qui s’est mise de si bonne heure à la poursuite du plaisir qu’il a eu l’infortune de le rattraper ».

Et bimm… Satan-1/Robert-0.

Alors fidèle lecteur, loyale lectrice si tu aimes les bons mots, l’humour et la belle littérature, voilà un livre pour toi. 

L’auteur est à l’image de son ouvrage, brillant et atypique. Ambrose Bierce, contemporain de Marc Twain, commence son dictionnaire en 1881 pour l’achever 25 ans plus tard. Sa vie est jalonnée de drames (mort de ses deux fils, l’un suite à un duel au pistolet, l’autre emporté par son alcoolisme) et d’engagements politiques (engagé à 19 ans aux côtés de l’armée nordiste dans la guerre de sécession, il finira mystérieusement sa vie au Mexique après avoir lutté aux côtés de l’armée de Pancho Villa rejointe à l’aube de ses 71 ans).

Et, à la relecture de son instructif et divertissant ouvrage, aujourd’hui, il m’est agréable de penser qu’Ambrose Bierce se tape des barres de rimes avec Maître Capello, quelque part dans les limbes, sous l’œil attendri d’un succube.

Myriam « Séléné » C. Peel

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